en bonus le tract de la section des bibliothéques
EXTRÊME DROITE HORS DE NOS BIBLIOTHÈQUES !
Le 11 mai 2026 paraissait sur le site de presse indépendante Médiacités un article intitulé
« Une discrète maison d’édition néonazie œuvre à Toulouse depuis 25 ans ». Relayé par le
site Médiapart, cet article dévoile l’activité militante explicitement néo-nazie d’un assistant de
conservation responsable d’une bibliothèque de quartier à Toulouse. Au-delà de ses aspirations
politiques nauséabondes et de son activité d’éditeur, il est indiqué que pas moins de dix titres
de sa maison d’édition Auda Isarn figurent dans le catalogue des bibliothèques de la ville. Ces
documents ont depuis été retirés des rayons. Ce fait est révélé dans la continuité d’attaques
réactionnaires vécues par le réseau des bibliothèques de Toulouse depuis quelques
années. En février 2023, la Mairie avait plié face aux pressions du collectif d’extrême droite Furie
Française et de la Manif pour Tous en déprogrammant des lectures jeunesse assurées
par des artistes drag-queen à la Médiathèque José Cabanis. Depuis plusieurs mois, les
équipements sont les cibles de dégradations à caractères racistes, antisémites, homophobes,
sexistes et islamophobes (des collections d’apprentissages de la langue arabe, de musique
arabe ou en hébreu ont été souillées, inscriptions xénophobes et néo-nazies…).
En 2025, la Direction des Bibliothèques et du Livre communiquait auprès du public le
recensement de plus de 83 inscriptions. Le syndicat CGT Mairie de Toulouse et sa section
des bibliothèques ont toujours combattu ces idées par le débrayage, la grève, le
rassemblement, et plus généralement par la lutte contre un gouvernement qui favorise la
montée des idées d’extrême droite (via sa loi immigration par exemple).
Dans un climat politique national marqué par la montée de mouvances réactionnaires,
les services publics se doivent de diffuser la pluralité des opinions dans le respect de
tous. Cependant, l’incitation à la haine et les thèses négationnistes ne relèvent pas de
cette catégorie et sont punies par la Loi.
Par ailleurs, la vision du monde défendue par les idéologies néo-nazies est clairement un
danger pour les agents et les usagers. Dans ce contexte, le syndicat CGT Mairie de Toulouse
interroge sérieusement la capacité de l’agent cité dans cet article à respecter son devoir de
neutralité et à ne pas entrer en contradiction avec les valeurs du service public.
La nécessaire pluralité des collections ne saurait être instrumentalisée pour justifier l’acquisition
de documents racistes, révisionnistes, sexistes ou xénophobes. Le directeur de la Direction des
Bibliothèques et du Livre a informé l’ensemble des agents, par un mail daté du 22 mai, du
retrait des documents de la maison d’édition Auda Isarn. Mais cette mesure seule ne saurait
suffire pour protéger les bibliothèques des nombreuses offensives des groupes d’extrême droite
dans le champ des sciences historiques, politiques et sociales, de la psychologie mais aussi
des sciences fondamentales et de la recherche, domaines attaqués par un révisionnisme
scientifique de plus en plus radical.
Aussi, le syndicat CGT Mairie de Toulouse appelle la Direction des Bibliothèques et du
Livre à prendre ses responsabilités et à renforcer les chartes existantes par la mise à
jour de sa charte documentaire de 2015, non-communiquée aux usagers et largement
périmée, qui poserait un cadre sain et structuré pour les collections, au-delà des titres “tombant
sous le coup de la loi”. Ce document cadre doit réaffirmer les valeurs essentielles d’un service
de lecture publique et d’une politique documentaire qui n’accepte pas les incursions éditoriales
réactionnaires et obscurantistes dans nos fonds (y compris issues de suggestions d’usagers),
incompatibles avec les principes défendus par la Loi Robert sur les bibliothèques et la Charte
de l’Unesco.
Le syndicat CGT Mairie de Toulouse et sa section des bibliothèques expriment leur
inquiétude quant aux collègues adjoints de la bibliothèque concernée. Nous leur
apportons tout notre soutien.
Nous exprimons également de vives préoccupations d’ordre déontologique quant aux missions
d’encadrement de l’agent cité dans cet article. La collectivité doit prendre ses responsabilités et
envoyer le message clair d’une tolérance zéro face aux idées néo-nazies et réactionnaires qui
n’ont pas leur place dans un service public. De son côté, le syndicat CGT Mairie de Toulouse
restera vigilant et en lutte contre l’extrême droite !
Toulouse, le 28/05/2026
